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20/10/2013

L'ALIMENT INTERDIT A CONSOMMER SANS MODERATION

 

 

Les autorités de santé vous répètent sur tous les tons que les graisses sont mauvaises pour la santé, et en particulier les graisses saturées.

Tout le monde ou presque le croit, bien que peu de personnes sachent ce que veut dire au juste graisses « saturées ». Mais est-ce important ? Pas besoin d'avoir fait dix ans de médecine pour imaginer que quelque chose de « saturé », c'est forcément mauvais pour la santé, n'est-ce pas ? 


« J'sature ! »

En réalité, un acide gras « saturé » est simplement un acide gras dont tous les atomes carbone sont liés au nombre maximal d'atomes d'hydrogène. Chaque liaison carbone est occupée, et on ne peut plus ajouter d'autres atomes. 

La conséquence est que la molécule est plus stable, et moins susceptible de s'oxyder. C'est une très bonne chose car les graisses oxydées sont plutôt mauvaises pour la santé. Selon plusieurs études, le cholestérol oxydé est un marqueur de l’athérosclérose, le vieillissement et le rétrécissement des artères, facteur d'accident cardiaque. (1)

Mais ce n'est pas tout.

L'alimentation traditionnelle de l'être humain, avant l'introduction massive des céréales, était extrêmement riche en acides gras saturés. Nos ancêtres, avant l'invention de l'agriculture, mangeaient en effet beaucoup de graisse d'animaux, d'entrailles, de crustacés riches en graisses.

Les quelques tribus à travers le monde qui ont conservé un mode de vie traditionnel mangent, elles aussi, très gras. Vous avez les Inuits (Esquimaux) de l'Arctique qui, jusqu'à récemment, mangeaient essentiellement de la graisse de phoque, de morse, de baleine, des poissons gras, qui contiennent une forte proportion de graisses saturées. 

Les Maasaïs, une ethnie semi-nomade qui vit de l'élevage et de la chasse, au Kenya, se nourrit surtout d'un mélange de lait et de sang, prélevé sur les jeunes bovins sans les tuer, auquel ils ajoutent plantes, racines, écorces, et de nombreux végétaux. Là aussi, ce régime est très riche en graisses saturées.

Même chose pour les Tokelauiens, situés dans un archipel du Pacifique dépendant de la Nouvelle-Zélande, qui se nourrissent de noix de coco et de poisson. 

Or, les uns comme les autres ont de très faibles taux de décès par maladie cardiovasculaire.

Ce fait est corroboré par la très riche teneur en graisses du lait maternel humain, formé à 54 % d'acides gras saturés. Le lait maternel étant l'aliment le plus parfait pour les bébés en croissance, la présence de fortes quantités de graisses saturées n'est certainement pas une « erreur de la nature ». 

En 2010, une très importante étude, portant sur plus de 347 000 personnes, n'a constaté aucun lien entre la consommation de graisses saturées et le risque d'infarctus, d'attaque cérébrale (AVC) ou d'autres maladies cardiovasculaires. (1)

Une autre étude publiée en 2010 dans la revue médicale American Journal of Clinical Nutrition, a montré que les personnes qui souhaitent diminuer leur risque cardiovasculaire ne doivent pas diminuer leur consommation de graisses mais plutôt réduire celle de glucides, dont les féculents et l'amidon (et donc le pain, les pâtes, les céréales, y compris complètes). (2) Les personnes qui diminuent leur consommation de graisses saturées, et les remplacent par des glucides raffinés (pain blanc, pâtes, pomme de terre) augmentent leur résistance à l'insuline, leurs problèmes d'obésité, leur dyslipidémie (niveau anormal de lipides dans le sang), leur niveau de triglycéride et de cholestérol.

En fait, la nouvelle mode qui sévit depuis les années 60, et qui consiste à manger plus de glucides (surtout des céréales) et moins de graisses, est responsable d'une telle hausse de l'obésité, du diabète et des maladies cardiaques qu'il est devenu presque impossible pour nos contemporains de se souvenir que, il y a seulement un siècle, moins d'une personne sur cent était obèse (y compris aux Etats-Unis !) et les maladies coronariennes étaient pratiquement inconnues.

Plus difficile à croire encore, il n'y avait en 1950 que 100 cardiologues exerçant en France ! Ils étaient 2 200 en 1981 et sont près de 6 000 aujourd'hui ! (3)

Une telle explosion indique que quelque chose a changé, qui explique l'épidémie.

Et quel est ce quelque chose ?

Notre alimentation !

Car s'il est vrai que nous consommons beaucoup de viande rouge et de graisses saturées, notre régime alimentaire est aussi dangereusement riche en sucres et glucides raffinés. 


Les aliments les plus consommés sont les plus mauvais

Les aliments qui arrivent en tête de la consommation dans les pays industrialisés sont le pain, les céréales, les sandwichs, les pâtes, les pizzas, les biscuits, les gâteaux, les desserts en tout genre, les chips, frites et biscuits d'apéritif à base de pomme de terre, qui sont des glucides. La plupart des publicités pour des produits alimentaires les concernent, car tous ces produits sont faits à partir des matières premières les plus bas de gamme, et les moins chères.

Par contre, si vous y ajoutez beaucoup de sucre ou de sel, arômes et colorants, et que vous les présentez dans de beaux emballages multicolores, vous pouvez les revendre avec une marge importante. Cela permet de financer les investissements en marketing, tout en assurant la rentabilité du fabricant.

Il est beaucoup plus difficile de faire de telles opérations sur des produits qui sont déjà très chers à la base, comme les huiles de bonne qualité, les bons légumes, la viande, le poisson, les noix ou les fruits rouges, qui sont bons pour la santé. C'est pourquoi les publicités pour ces produits là sont rares, pour ne pas dire inexistantes. 


Les bonnes graisses à manger

Beaucoup de personnes s'emmêlent les pinceaux entre les graisses polyinsaturées, mono-insaturées, les acides gras trans, les oméga-3, 6 et 9.

Les bonnes sources de graisse sont : 


  • l'huile d'olive (et bien sûr les olives entières, la tapenade...) 
  • les noix et amandes crues, ainsi que l'huile de noix et l'huile d'amande, mais aussi les noix de pécan, les noix de macadamia, les noix du Brésil, et dans une moindre mesure les noisettes. Faites toutefois très attention en les achetant. Il devient de plus en plus difficile d'acheter des noix crues de bonne qualité. Elles sont très souvent rances, ce dont vous vous apercevez facilement car le goût est piquant. Cela veut malheureusement dire que les acides gras polyinsaturés qu'elles contiennent sont oxydés, et sont donc devenus mauvais pour la santé ; 
  • les graisses animales d'animaux élevés en plein air et nourris d'aliments biologiques ; 
  • les œufs bios et surtout les œufs de poules nourries de graines de lin (riches en oméga-3) ; 
  • les avocats ; 
  • le beurre de vaches nourries à l'herbe (et non aux céréales et au tourteau, comme la plupart des vaches européennes) ; 
  • l'huile de noix de coco et l'huile de palmiste, qui sont les meilleures huiles à utiliser pour les fritures car elles ne se dénaturent pas à haute température (attention toutefois à ne jamais les faire fumer) ;
  • les poissons gras (sardines, maquereaux, anchois, harengs) et l'huile de poisson, dont bien sûr la célèbre huile de foie de morue, malheureusement tombée en désuétude et victime d'une terrible réputation, alors que, très franchement, son goût n'est pas du tout si mauvais qu'on le raconte aux enfants. 

Quel est votre ration oméga-3/oméga-6 ?

Il est aussi capital de surveiller que vous avez un bon équilibre entre vos apports d'oméga-3 et d'oméga-6. Traditionnellement, ce rapport était de 4, 3 ou 2 pour 1, mais il est aujourd'hui beaucoup plus souvent de 20 pour 1, voire de 30 pour 1. Les oméga-6 sont en effet présents dans les huiles bon marché (huile de tournesol et de maïs) que l'on retrouve un peu partout, notamment dans la nourriture industrielle, alors que les oméga-3 se trouvent dans l'huile de noix, de lin et de colza, et les huiles de poisson, moins répandues et plus chères.

Malheureusement, manger trop d'oméga-6 et trop peu d'oméga-3 entraîne un état chronique inflammatoire dans votre corps, ce qui augmente votre risque de maladie cardiovasculaire et de cancer.

Faites ce que vous pouvez pour réduire votre consommation d'oméga-6 et augmenter votre consommation d'oméga-3. A noter que l'huile d'olive ne contient ni l'un ni l'autre, mais c'est une huile qui est globalement bonne pour la santé, à partir du moment où elle est extra-vierge et issue de première pression à froid, et consommée crue ou faiblement chauffée (pas de friture à l'huile d'olive ; utilisez pour cela de l'huile de coco, de l'huile de palmiste ou de la graisse de bœuf). 


La graisse à éviter à tout prix

Les acides gras transe, eux, sont à éviter à tout prix. Ce sont des acides gras généralement issus du traitement industriel des huiles, qui sont hydrogénées pour les rendre solides, et fabriquer des margarines, ou donner du moelleux et de la tenue aux plats préparés, biscuits, gâteaux. 

Les graisses ainsi fabriquées se conservent plus longtemps dans les entrepôts et les rayons des magasins, mais ils produisent de graves dysfonctionnements à l'échelle cellulaire. 


Votre corps a BESOIN de graisse pour fonctionner de façon optimale

Malgré tout ce que je vous ai dit ici, je sais bien que, comme tout le monde, vous continuerez à vous méfier des plats « trop gras ». Ne vous impatientez pas. Il faut bien voir que, depuis notre plus jeune âge, nous avons été littéralement conditionnés pour croire que les graisses sont mauvaises pour la santé, et que ce sont les céréales, si possibles complètes et si possible avec le moins d'accompagnement, qui sont bonnes pour la santé.

Il n'est pas facile de se convaincre que c'est en fait exactement le contraire. Que dans une tartine de pain beurré, ce qui est mauvais, c'est le pain, et ce qui est bon, c'est le beurre. Et que dans une frite, ce qui est mauvais, c'est la pomme de terre, et ce qui est bon, c'est la graisse ! Bon, j'admets que j'exagère sur ce dernier point, car la frite pose le problème d'être cuite à trop haute température (220 à 240 °C), ce qui rend la graisse toxique et produit un phénomène de « glycation » très néfaste pour la santé.

Mais vous voyez tout de même le message que j'essaye de faire passer. Les graisses saturées sont indispensables pour la santé, et aident votre corps à mieux fonctionner. Elles assurent un grand nombre de fonctions importantes, dans le cœur, les poumons, le foie, les os, le système immunitaire. Elles entrent dans la composition de vos hormones, des membranes de vos cellules, et régulent le sentiment de satiété.

Un des énormes désavantages des régimes pauvres en graisse, en effet, est de provoquer un sentiment irrésistible de faim, qui provoque mauvaise humeur, énervement, voire déprime et perte du goût de vivre.

Ces tortures ne sont ni nécessaires, ni bonnes pour la santé. Et ça, il me semble que c'est tout de même une très très bonne nouvelle.

A propos des omégas 3


Les oméga 3 sont comme les oméga 6 des acides gras polyinsaturées. Elles font partie des "bonnes graisses" (voir notre article) c'est-à-dire qu’elles protègent en partie le cœur de l’infarctus.
C’est la découverte du faible taux de maladies cardio-vasculaires chez les anciens esquimaux (gros mangeurs de poisson) qui permit de faire la relation de cause à effet.

Les oméga 3 comprennent 3 molécules différentes : l’ALA (acide alpha-linolénique), l’EPA (acide éicosapentanénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque ou cervonique)
Ces oméga 3 sont exclusivement apportées par l’alimentation car elles ne sont pas synthétisées par l’organisme. 

Où trouver ces oméga 3 ?

Pour l’ALA:
- Les huiles d’origine végétale : colza (le plus riche et le moins cher), noix, soja (plus d’oméga 6)
- Le pourpier crétois (sorte de cresson difficile à trouver)
- La mâche (240mg/100g), la salade, les épinards
- Le lapin, l’oie, le cheval, le gibier sauvage ou les escargots !

Pour l’EPA et la DHA:
-Les poissons et les fruits de mer, en particulier les sardines, les harengs et les maquereaux
-Les poissons des mers froides
La teneur varie en fonction de l’origine, de l’espèce et de la saison.
Pour les poissons d’élevage (saumon par exemple), même problème que pour les poules, tout dépend de l’alimentation et la teneur en oméga 3 peut ainsi varier de 1 à 40 !

Pour tous les types d’Oméga 3 : 
- Les œufs : le jaune exclusivement et cela dépend de l’alimentation de la poule : herbes sauvages, graines de lin. Appellation œuf crétois, Benefic ou Colombus
- Le surimi (filets de poisson, huile de colza, œufs).
- Le lait de vache et le beurre mais cela dépend encore de l’alimentation de la vache

Outre leur impact cardio-vasculaire, les omégas 3 sont un des constituants importants du cerveau (20% des graisses) et du système nerveux (40%). D’ailleurs, le lait maternel humain est le plus riche en oméga 3 de toutes les espèces. Cette richesse varie cependant en fonction de l’alimentation de la mère.
Les omégas 3 sont indispensables au développement cérébral de l’enfant et en font un argument en faveur de l’allaitement maternel car les laits maternisés actuels s’ils sont enrichis en ALA, sont pauvres en DHA en raison de problèmes techniques.
Cette implication dans les structures nerveuses pourrait aussi avoir une conséquence sur la rétine, structure la plus riche en oméga3 et donc sur la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge, pourvoyeuse de cécité), sur la démence sénile (diminution du risque de 34% pour les consommateurs de poisson une fois par semaine), et éventuellement sur la dépression.

Les omégas 3 sont utilisés dans la prévention cardio-vasculaire après un infarctus et dans les hypertriglycéridémies à raison d’un gramme par jour sous forme de gélule. Ils ne dispensent cependant pas des autres traitements.

L’apport nutritionnel conseillé en ALA est de 2 g/jour chez l’homme soit 2 cuillères à soupe d’huile de colza ou de noix (1,6g/jour chez la femme). Pour le DHA 100-120 mg /jour (250 mg par jour si grossesse ou allaitement)

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A votre santé !

 

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17/10/2013

CONTREFAÇON DE MÉDICAMENTS : HALTE À LA PARANOÏA

Chers lecteurs, voici un article très intéressant qui vous en dira plus, sur les médicaments mis à la disposition des populations, par l’industrie pharmaceutique.

Les médias s'alarment d'une invasion de « médicaments contrefaits », qui pourraient faire des milliers de victimes. L'information tourne en boucle, à nouveau, sur France Info, France Inter, Métro, Le Point, etc1. 

Il s'agit des conclusions d'un rapport de l'IRACM, Institute for Research against Counterfeit Medicine (Institut de Recherche contre les médicaments contrefaits), paru le 25 septembre 20132. 

Cet organisme, présenté comme « indépendant », explique qu'il existe en Chine et en Inde de nombreuses usines qui fabriquent des copies non-autorisées des médicaments des sociétés pharmaceutiques occidentales comme Merck, GlaxoSmithKline, Novartis, Sanofi, etc., qui font habituellement les médicaments que vous achetez en pharmacie. 

Il dénonce le fait que, dans les pays pauvres, les médicaments soient souvent de piètre qualité, surtout en Afrique. Des mafias bulgares, russes, chinoises, arabes, vendraient ces médicaments dans les territoires palestiniens, en Haïti, au Panama, avec des profits considérables. 

Enfin, le rapport dénonce de nombreux sites Internet et « spammeurs » qui vendent des produits pour faire grossir les muscles (produits anabolisants) et surtout, pour les hommes, pour augmenter la taille et la fermeté de leur... je m'arrête là, vous avez compris de quoi il s'agit. A Singapour, en 2008-2009, onze décès et vingt-quatre cas de comas auraient été liés à l’absorption de ces produits « virilisants ». (la suite ci-dessous) 


Annonce spéciale 

Sexualité : échappez à la violence des stéréotypes

Peut-être pensez-vous comme moi que notre société exalte un peu trop un amour charnel stéréotypé et dictatorial dans les publicités ou les films hollywoodiens. La sexualité n'est pas et ne doit pas être une course à la performance. Mais ce ne doit pas non plus être un sujet tabou car c'est une composante importante de l'amour et du bien-être.

Aussi je vous recommande la lecture de La Lettre du Dr Thierry Hertoghe, ce mois-ci, sur la sexualité féminine et qui suit la lettre du mois d'août sur la sexualité masculine. Vous y découvrirez comment votre alimentation et certains nutriments, certaines habitudes simples peuvent faire la différence dans votre vie affective sans avoir recours à ces « produits virilisants » ou à la chirurgie plastique. Je vous engage à faire l'essai dès maintenant en vous rendant ici. 


Suite de la lettre de ce jour : 

Tout cela m'a paru sérieux. Surtout que le rapport s'alarme du fait que les pays occidentaux seraient touchés de plein fouet par le phénomène. 

Inquiet pour mes lecteurs, j'ai donc décidé de creuser plus loin. J'ai analysé l'épais rapport pour mesurer précisément le risque qui pèse sur leur tête, dont la votre bien sûr. Et les nouvelles sont très rassurantes : 


5 cas graves en 17 ans

J'ai commencé par chercher les cas précis et documentés d'accidents réels qui se sont produits à cause de faux médicaments. Il y en a, en tout et pour tout, cinq qui sont cités dans le rapport de l'IRACM : 


·         « En juin 1996, des sirops fabriqués en Chine auraient provoqué la mort de 88 enfants haïtiens. » (page 48) 

·         « Injections de produits contrefaits pour un traitement contre l’anémie qui a entraîné le décès d’une jeune Argentine en 2004. » (page 18) 

·         « Panama : en 2006, plus de cent enfants étaient victimes d’un médicament contrefait contenant du diéthylène glycol, un puissant solvant, inséré dans un faux sirop contre la toux. » (page 18) 

·         « Singapour : les autorités sanitaires ont enregistré onze décès et vingt-quatre cas de comas liés à l’absorption de contrefaçon de médicaments liés à des dysfonctionnements sexuels en 2008-2009. » (page 19) 

·         « Un sirop contre la toux ayant tué 84 enfants nigérians et qui contenait de l’anti-givre pour les véhicules (2009). » (page 17) 

Cinq cas, depuis 1996, c'est cinq cas de trop. Et le fait qu'ils aient tous eu lieu à des milliers de kilomètres de chez nous ne retire rien à leur gravité. 

Cependant, ayant beaucoup voyagé moi-même dans les pays où circulent le plus les contrefaçons de médicaments, en particulier l'Afrique, je peux vous dire que bien d'autres problèmes sautent aux yeux, et qui, malheureusement, menacent encore beaucoup plus les populations : 

Voitures roulant à tombeau ouvert sur des routes défoncées, la nuit, sans phares, frôlant sans ralentir les malheureux piétons marchant sur les bords, malnutrition, nourriture avariée, eau contaminée, sida, opérations chirurgicales sans stérilisation des instruments, sans parler bien sûr des violences, agressions, des guérillas, du terrorisme, des guerres civiles. 

Dans ce contexte (qui est une réalité quotidienne dans de nombreuses zones d'Haïti, du Panama, du Nigéria), l'urgence numéro un pour sauver des vies est d'établir un état de droit, où le pauvre ne risquera plus de se faire dépouiller à tout moment par des criminels ou des fonctionnaires corrompus. 

Tant que cette condition de base, préalable à tout espoir de développement, ne sera pas établie, nous promettre que la « communauté internationale » va réussir à stopper les trafics de médicaments dans ces zones n'est qu'une sinistre farce. 


Et chez nous ?

Quant à l'Europe, l'IRACM estime urgent que les dangers liés à la contrefaçon des médicaments 


« soient désormais pris en compte par les décideurs pour qu’enfin soit mise en œuvre une action à la hauteur, pour contenir l’action du crime organisé, protéger les populations et éviter que l’état de droit ne se retrouve un jour menacé dans nos pays par le pouvoir acquis par ces criminels. » (page 9)

Diable, c'est donc sérieux !! Le « crime organisé » ! L'état de droit « menacé » ?! 

Pourtant, lorsqu'il s'agit de donner des détails précis sur la menace, le rapport est obligé d'avouer qu'il n'y a en France aucun problème dans les pharmacies légales, et que le seul cas de contrefaçon repéré sur le territoire français ces quinze dernières années concerne des produits vendus... dans l'arrière-boutique d'un magasin chinois ! 

Et j'espère bien que ce n'est pas là que vous achetez vos médicaments, cher lecteur ! 


« Si la France reste protégée, et qu’aucune saisie de contrefaçon de médicaments n’a été faite dans des pharmacies légales, il n’en demeure pas moins que des trafics peuvent s’organiser en particulier avec des filières chinoises. Dans une enquête, le Service National des Douanes Judiciaires a ainsi établi l'implication d'un couple qui, de 2006 à 2008, dirigeait un réseau familial pour approvisionner en médicaments sa boutique parisienne et plusieurs pharmacies illégales à Paris. »

Il s'agissait bien entendu de plantes et produits chinois, destinés à une clientèle chinoise, et dont l'essentiel visait à stimuler les fonctions reproductrices de... vous avez compris ce que je veux dire. 

Le rapport de l'IRACM s'inquiète aussi des médicaments frauduleux vendus par des « spammeurs » et autres sites Internet bidons hébergés en Russie ou au Kazakhstan, qui vous envoient des messages électroniques non-sollicités vous proposant des produits visant à vous stimuler.... là où je pense, encore une fois. Ces produits sont expédiés par voie postale : 


« En France, les saisies douanières portent principalement sur de faux comprimés de médicaments contre les troubles de l’érec***. » (page 19). (NB : ces trois étoiles éviteront que ce message ne soit classé en spam). 

Or qui, je vous le demande, est assez stupide pour aller cliquer sur ces messages, donner son numéro de carte de crédit, commander ces pilules et les avaler consciencieusement sans se douter de quoi que ce soit ?? Qui, je vous le demande. En tout cas, j'ose l'espérer, pas un seul lecteur de Santé Nature Innovation, ni aucune personne que vous connaissiez ! 

Et de fait, le rapport reconnaît lui-même, page 22, que : 


« Entre 2001 et 2008, une quarantaine de cas de problèmes de pharmacovigilance liés à la prise de médicaments achetés sur Internet ont été déclarés à l’Afssaps. » (page 22) 

« Une quarantaine de problèmes »... en sept ans. C'est encore quarante cas de trop, me direz-vous, mais c'est à mettre en balance avec les 350 000 accidents annuels liés à la prise de médicaments officiels, agréés, et vendus par les honorables laboratoires pharmaceutiques et pharmaciens qui se soucient tant de protéger la santé du public. 

C'est la même chose aux Etats-Unis où le nombre de cas réels n'est guère plus impressionnant : 


« Le nombre d’enquêtes ouvertes par la FDA (Food and Drug Administration) concernant des cas de contrefaçon de médicaments est passé de 6 en 2000 à 58 en 2008. » (page 20) 

J'ai donc fini par attraper la puce à l'oreille, et par me demander ce qui pouvait bien motiver des gens apparemment sérieux comme l'IRACM pour essayer d'affoler les populations sur un tel non-problème, et surtout d'avoir le relai de toutes les radios et télévisions pour amplifier leur message. 


Une drôle « d'indépendance »

Il m'a suffi de chercher cinq secondes sur Google pour m'apercevoir que l'IRACM, l'organisme « indépendant » qui publie ces informations, a été fondé par... Sanofi, le géant pharmaceutique français. (3) Ce qui n'est bien sûr pas précisé sur leur site Internet. 

Cela ne veut pas dire que ce qu'ils racontent est faux, mais c'est tout de même intéressant de le savoir (et c'est intéressant aussi de noter que, sous leurs gros titres affolants, France Info, Le Point et les autres ne jugent pas utile d'en informer leurs auditeurs et lecteurs). 

Or, quel est le but statutaire de l'IRACM ? On peut le lire en page 7 du rapport : 


« L’Institut de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM) entend développer à la fois des actions pour mieux cerner le phénomène, pour sensibiliser et motiver les responsables, pour mobiliser les opinions publiques, pour prévenir les victimes potentielles et pour stimuler la mise en œuvre de stratégies en prise avec ces problèmes, tant au niveau des États qu’à celui de la communauté internationale. C’est la raison d’être de l’IRACM. » (C'est moi qui souligne.) 

Le but de l'IRACM est donc de « stimuler » les gouvernements du monde entier pour qu'ils augmentent les moyens consacrés à la lutte contre les fabricants de médicaments jugés non-conformes. 

Cela s'appelle du lobbying, destiné à combattre les concurrents gênants des grandes entreprises pharmaceutiques. 

Ainsi, quand vous lisez dans le rapport de l'IRACM que : 


« La contrefaçon de médicaments constitue un phénomène en pleine croissance aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Le nombre des victimes augmente, les revenus qu’en tire – quasi-impunément – le crime organisé transnational aussi. » (Page 7) 

 

il faut bien comprendre que les « victimes » dont il s'agit, sont d'abord... les actionnaires de Sanofi. 

A votre santé ! 

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