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28/09/2013

Armes chimiques : ce que les médias ne disent pas

 

 


François Hollande et Barack Obama veulent déclencher la guerre pour « punir » le président de la Syrie, Bachar el-Assad, qui a tué de nombreuses personnes avec du gaz sarin, un horrible poison.

Mais les médias n'expliquent pas assez, à mon avis, que le sarin n'est qu'une catégorie particulière de composés organophosphorés, ceux-là même qui sont utilisés continuellement, et dans le monde entier, comme pesticides.

Le Roundup, le malathion (antiparasitaire très utilisé en Chine, ex-URSS et aux USA, interdit depuis 2007 dans l'Union Européenne) et le Phosmet (utilisé sur les pommiers), par exemple, sont des composés organophosphorés.


Pourquoi les organosphosphorés sont si efficaces pour tuer

Les pesticides organophosphorés agissent comme le sarin : ils bloquent le cerveau. Lorsque votre cerveau cesse de fonctionner, votre cœur continue à battre provisoirement, car les cellules du cœur sont autonomes, mais vous perdez connaissance (coma) et, surtout, votre respiration s'arrête, ce qui entraîne l'asphyxie et la mort.

Les composés organophosphorés produisent cet effet en empêchant vos neurones de communiquer entre eux. Vos neurones sont les cellules de votre cerveau. Ils communiquent entre eux grâce à des produits chimiques appelés « neurotransmetteurs ». L'un des plus importants de ces neurotransmetteurs est l'acétylcholine. Sans acétylcholine, les neurones ne peuvent plus se parler : vous ne pouvez plus penser, votre cerveau ne peut plus donner aucun ordre à votre organisme.

Or, les composés organophosphorés bloquent la fabrication de l'acétylcholine. Il suffit qu'une très faible dose entre dans votre organisme pour que vos neurones soient privés d'acétylcholine, ce qui bloque votre cerveau, et vous tue.


L'importance de bien laver ses fruits et légumes

Vous ne mourrez pas en avalant des résidus de pesticides organophosphorés sur les fruits et légumes que vous aurez oublié de laver, mais ils peuvent malgré tout perturber votre organisme.

Une étude américaine s'est fondée sur 1 139 enfants des États-Unis, âgés de 8 à 15 ans, suivis dans le cadre d'une étude épidémiologique nationale (National Health and Nutrition Examination Survey) et dont 119 répondaient aux critères de définition du syndrome. Elle a conclu que les enfants exposés à des concentrations importantes de pesticides organophosphorés via les fruits et légumes souffrent plus souvent de troubles de déficit de l'attention/hyperactivité (TDA/H). (1)

Une étude de 2010 a montré que chaque augmentation d'un facteur 10 de la concentration urinaire de métabolites organophosphorés était associée à une augmentation de 55 % à 72 % des risques d'apparition du TDA/H chez l'enfant. (2)

Les pesticides ont encore d'autres effets délétères sur le cerveau : d'après une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), ils augmentent aussi le risque de développer la maladie de Parkinson (3)

Il est donc absolument capital, lorsque vos fruits et légumes ne sont pas bio, de bien les laver avant de les manger, surtout si vous les mangez crus et/ou avec la peau, si possible avec une brosse à légume dont vous vous équiperez spécialement à cet effet.

Une découverte issue de la recherche sur les armes chimiques

Les pesticides organophosphorés sont le fruit des recherches sur les gaz de combat entamées lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont remplacé, dans les années 70, les organochlorés, dont le chef de file était le DDT.

La plupart des armes chimiques aujourd'hui sont des organophosphorés.

L'objectif ultime d'un régime belliqueux, en effet, est de trouver un produit aux effets immédiats, définitifs, et assez puissant pour tuer des dizaines de milliers, et si possible des centaines de milliers de personnes d'un coup. Comprenez, les gaz utilisés durant la Première Guerre Mondiale (chlore et gaz moutarde, qui brûlaient les yeux et les poumons) parvenaient rarement à faire plus de quelques milliers de morts d'un coup, ce qui était loin d'être suffisant au goût des dirigeants politiques et militaires.

C'est en 1939 que des chercheurs allemands trouvèrent enfin la solution « miracle », avec le sarin. Les inventeurs, de la firme chimique IG Farben, en furent si fiers qu'ils baptisèrent ce gaz d'après les lettres de leurs noms, afin d'être sûrs de rester dans l'histoire (Gerhard Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der LINde).

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le sarin est inodore, incolore et volatile, et capable de traverser la peau. Vous ne voyez rien, vous ne sentez rien, mais il suffit que quelques molécules vous touchent ou entrent dans vos poumons (une concentration de 10 parties par milliard est déjà fatale) et vous êtes mort.

Diffusé dans les rues d'une ville ou dans un métro, alors que personne ne se doute de rien, le sarin provoque une scène cauchemardesque où tous les passants, jeunes et vieux, grands et petits, s'effondrent paralysés puis meurent d'asphyxie (le cerveau arrêtant de fonctionner), sans que quiconque assistant à la scène puisse comprendre ce qui se passe ou réagir.

Il s'agit donc véritablement de l'arme de l'Apocalypse, au même titre que l'arme nucléaire, ce qui l'a fait classer par l'ONU dans la catégorie des armes de destructions massives (résolution 687). A ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993.

Malheureusement, l'actualité toute récente a montré que ce beau rêve de la disparition des armes de destructions massives n'était pas pour demain.


Mon opinion sur la Syrie

Bien que personne ne m'ait demandé mon avis, je vais quand même le donner. C'est hors-sujet, mais la question me tient vraiment à cœur. J'ai longuement sillonné la Syrie en auto-stop, des côtes montagneuses à l'ouest jusqu'au rives de l'Euphrate à l'est, ce qui m'a permis de rencontrer quantité de Syriens, manger avec eux, loger chez eux, et recueillir toutes sortes de confidences effrayantes sur les méthodes de la police du régime.

Je n'ai donc aucune sympathie pour Bachar el-Assad qui est, c'est évident, un criminel. Le problème, selon moi, est que les rebelles sont certainement aussi violents voire pires que Bachar el-Assad. Mais ce n'est que mon avis et, encore une fois, personne ne me l'a demandé...

A votre santé !

 

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24/09/2013

LE TABAGISME

 

Intoxication par le tabac.

Le tabac est principalement consommé sous forme de cigarettes, mais aussi de cigares ; il est également prisé, chiqué ou fumé à la pipe. La fumée de tabac contient de la nicotine (alcaloïde toxique pour l'appareil cardiovasculaire et surtout responsable du phénomène de dépendance) et aussi d'autres substances dangereuses pour la santé, notamment celles qui résultent de la combustion du tabac, du papier et des additifs incorporés à la cigarette. Les plus dangereuses sont les goudrons cancérigènes et l'oxyde de carbone.
Au moins un tiers des cancers et 80 % des broncho-pneumopathies chroniques obstructives (B.P.C.O.) conduisant à l'insuffisance respiratoire chronique sont liés au tabac. En association avec les autres facteurs de risque, le tabac est un des responsables des maladies cardiovasculaires. On estime qu'il est la cause de 3 millions de morts par an dans les pays industrialisés, dont environ la moitié avant 65 ans.
En France, le nombre de décès était de 60 000 en 1990, de près de 80 000 en 2000 et la prévision est de 160 000 par an en 2020-2025.
Autrefois essentiellement masculine, la consommation de tabac tend à gagner la population féminine et à toucher des sujets de plus en plus jeunes (50 % des adolescents sont fumeurs entre 16 et 18 ans, avec un pourcentage pratiquement égal dans les deux sexes). Le pourcentage de fumeurs à forte consommation a progressivement augmenté ; les « petits » fumeurs ont réussi à arrêter sans difficulté (depuis 1975 en France, les lois Veil et Évin ainsi que les campagnes d'information ont eu un impact certain), mais les « gros » fumeurs ont le plus souvent échoué ou rechuté.

PATHOLOGIE

— Les affections respiratoires touchant les fumeurs sont principalement représentées par la bronchite chronique. Celle-ci peut évoluer vers l'emphysème et l'insuffisance respiratoire chronique.
— Les cancers du fumeur sont représentés avant tout par le cancer du poumon, dont l'apparition suit l'évolution de la consommation de tabac avec un décalage d'une vingtaine d'années. Le risque de cancer du poumon croît avec l'intensité du tabagisme, la durée en années du tabagisme étant cependant plus déterminante encore que la quantité fumée par jour dans l'apparition de cette maladie : plus le début d'un tabagisme a été précoce, plus le risque d'apparition du cancer du poumon est grand. La notion répandue de « petit fumeur ne courant aucun risque » est donc erronée : il n'existe pas de seuil au-dessous duquel le risque d'être atteint par un cancer du poumon serait nul. Les cancers de la bouche (fumeurs de pipe, chiqueurs), du rhinopharynx, du larynx et de l'œsophage sont également, dans de très nombreux cas, provoqués par la consommation de tabac. Enfin, une association entre certains cancers (cancer du col de l'utérus, cancer de la vessie) et le tabagisme a été démontrée.
— Les maladies cardiovasculaires sont dues à l'oxyde de carbone, qui perturbe l'oxygénation des tissus, entraînant une élévation du risque de maladies coronariennes (angor, infarctus du myocarde), d'athérosclérose de l'aorte (anévrysme) et d'artérite des membres inférieurs. Le risque cardiaque augmente si le tabagisme s'associe à d'autres facteurs de risque vasculaire tels que l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie ou les contraceptifs oraux (pilule). Le risque d'artérite est plus élevé chez les diabétiques. Lorsque la sclérose vasculaire engendrée par le tabagisme touche le cerveau, elle peut entraîner un accident vasculaire cérébral.
— Les autres affections aggravées par la consommation de tabac sont principalement l'ulcère duodénal, l'ulcère gastrique, la maladie de Crohn, l'ostéoporose et les hernies (liées à la toux du fumeur). Il est par ailleurs à noter que le poids corporel des fumeurs est inférieur à celui des non-fumeurs mais avec une répartition différente des graisses.

SEVRAGE DU TABAC

L'arrêt de la consommation de tabac diminue les risques d'apparition des maladies liées au tabagisme : il est donc toujours temps pour un fumeur de s'arrêter. Sans motivation forte, il est illusoire d'espérer un arrêt durable. Différentes méthodes peuvent aider le fumeur au cours du sevrage. Certaines, qui font appel à des substituts du tabac (gomme et timbre transdermique à la nicotine) délivrés à présent sans prescription médicale, permettent aux grands fumeurs d'arrêter de fumer sans ressentir les troubles que peut occasionner le manque. Toutefois, cet apport nicotinique ne doit pas être présenté comme un remède miracle et doit s'accompagner d'un soutien par le médecin, faute duquel les chances d'un arrêt durable sont nulles. L'administration d'un antidépresseur (bupropion) au début du sevrage peut être efficace.
Une prise de poids peut accompagner le sevrage. Elle est due, d'une part, à un phénomène de compensation, d'autre part à l'interruption de l'apport de nicotine (celle-ci diminuant l'épaisseur et les sécrétions de la muqueuse gastrique, l'appétit de l'ancien fumeur a en effet tendance à augmenter) et nécessite des mesures diététiques adaptées.

PRÉVENTION

Compte tenu de la difficulté d'arrêter de fumer, il est essentiel de réduire l'initiation au tabagisme, qui se produit habituellement vers l'âge de 10-12 ans. Les pays qui ont mis en place une politique publique de réduction du tabagisme (Norvège, Grande-Bretagne, France, Canada, Australie) ont obtenu des résultats significatifs (chute de la consommation de tabac puis réduction de la fréquence des maladies liées au tabagisme, notamment du cancer du poumon). Un tel programme doit être conduit sur plusieurs dizaines d'années et associer les quatre types de mesures suivants :
— interdiction de toute forme de publicité, qu'elle soit directe ou indirecte (parrainage d'événements sportifs) ;
— interdiction du tabagisme dans les lieux collectifs clos de façon à protéger les non-fumeurs ;
— augmentation du prix des cigarettes ;
— programmes d'information et d'éducation du public.

TABAGISME PASSIF

Il concerne les personnes non fumeuses vivant ou travaillant dans l'entourage d'un ou de plusieurs fumeurs. Ainsi, les enfants soumis au tabagisme des parents peuvent être victimes d'affections respiratoires (rhinopharyngites, bronchites, asthme, angines) ainsi que de conjonctivites ou d'otites. Chez l'adulte, le tabagisme passif se traduit par un risque accru de cancer du poumon et d'affections cardiovasculaires. On a pu estimer à 500 morts par an le nombre de victimes du tabagisme passif.

L'arrêt du tabagisme est un processus long et difficile qui nécessite un environnement et un soutien psychologique appropriés et spécifiques à chaque fumeur, tenant compte de son comportement tabagique ; il n'existe pas de méthode « miracle ».

LA DEPENDANCE AU TABAC

La connaissance des risques encourus ne suffit pas à convaincre un fumeur d'arrêter le tabac ; même les victimes d'intoxication tabagique sont encore nombreuses à continuer à fumer. Pourquoi les patients ayant eu un infarctus du myocarde et ayant alors arrêté rechutent-ils dans plus de 50% des cas dans les semaines ou les mois qui suivent la sortie de l'hôpital ? Pourquoi près de 80% des personnes atteintes de bronchopneumopathies chroniques obstructives « tirent-elles » toujours sur leurs cigarettes ? Ces attitudes apparaissent incompréhensibles aux non-fumeurs. La raison de cette situation paradoxale est aujourd'hui connue. On a cru pendant longtemps que l'usage du tabac était une simple habitude accompagnée de fortes composantes psychologiques et sociales ; la volonté devait alors suffire pour obtenir l'arrêt du tabac ; on sait maintenant qu'il n'en est rien. Le tabac induit une véritable dépendance.

Les effets de la nicotine

La nicotine est la principale substance responsable de cette dépendance. La molécule de nicotine ressemble à celle de l'acétylcholine, un neurotransmetteur très important. Elle exerce ses fonctions en se fixant sur les récepteurs spécifiques (structures chimiques se trouvant à la surface des cellules) de l'acétylcholine. Ces récepteurs sont présents dans plusieurs zones cérébrales, notamment dans celle où se situe le « système de récompense », source de la sensation de plaisir, sur lequel agissent toutes les drogues. La nicotine est absorbée de façon différente suivant le mode de consommation du tabac ; avec la cigarette, en particulier, il y a inhalation de la fumée, absorption très rapide de la nicotine dans les alvéoles pulmonaires et fixation en moins de 10 secondes sur les récepteurs de l'acétylcholine, avec apparition des signes qu'elle provoque : accélération du pouls, élévation de la tension artérielle et surtout effets psychologiques responsables de la dépendance.

L'effet renforçateur

Tout comportement est d'abord appris, puis peut être renforcé par deux types de mécanismes. Il y a un renforcement positif si le comportement s'accompagne de sensations ressenties comme positives et gratifiantes par l'individu, ce qui est le cas avec la nicotine : plaisir, détente dans les moments agréables, stimulation lors d'un travail intellectuel difficile à réaliser, effet tranquillisant et antidépresseur dans les moments de stress. En outre, l'effet renforçateur est d'autant plus grand que l'intervalle entre le geste et la sensation est plus court et plus souvent renouvelé, ce qui se passe avec la cigarette. Chaque bouffée réalise un « shoot » de nicotine et exerce un effet renforçateur maximal ; cela explique que la cigarette soit devenue le mode quasi exclusif de l'usage du tabac ; c'est également le plus dangereux, car toutes les substances toxiques arrivent jusqu'aux poumons et pénètrent massivement dans l'organisme.

La dépendance physique

Dans une seconde période, après plusieurs années de tabagisme, survient la dépendance physique. Le fumeur fume non seulement pour obtenir les sensations agréables liées à la nicotine, mais aussi pour éviter les sensations désagréables dues au manque, avec une pensée obsédante de la cigarette, une pulsion irrésistible de refumer. C'est le renforcement négatif du comportement.

L'ARRÊT DU TABAGISME

Pour aider un fumeur à s'arrêter, il est primordial d'étudier les mécanismes de son tabagisme et d'en rechercher les causes. Il n'y a pas de « méthode » unique pour l'aide à l'arrêt du tabac.

La motivation

Le processus comporte toujours plusieurs phases. La motivation à l'arrêt est l'élément indispensable ; elle est toujours le fruit d'une lente maturation à laquelle il est possible de contribuer non par des interdits brutaux, mais par des informations et le dialogue. À la phase d'indécision, le fumeur est dans une situation d'ambivalence ; c'est particulièrement vrai pour les personnes malades à cause du tabagisme. À partir du moment où il existe une pathologie liée au tabac, l'arrêt est impératif. Mais jamais la connaissance d'un risque ne suffit à elle seule à faire modifier un comportement. Cela explique que, malgré le risque encouru et les incitations de l'entourage, de nombreux fumeurs continuent à fumer.

Le sevrage

La période de sevrage peut durer de 3 à 6 mois. Le pronostic dépend de l'intensité de la dépendance et de la force de la motivation personnelle. Certains fumeurs bien motivés, dont la dépendance n'est pas trop forte, réussissent à arrêter seuls ou avec l'aide de telle ou telle méthode à effet placebo (acupuncture, homéopathie, hypnose, laser, etc.). Dans les essais thérapeutiques, lorsque la dépendance est faible, le pourcentage de succès des groupes « placebo » peut atteindre 40 à 60 % ; en revanche, il est de moins de 10 % lorsque la dépendance est importante. Aussi, pour les fumeurs très dépendants, qui ont les plus fortes consommations, le sevrage est-il toujours difficile, car des troubles multiples peuvent se produire lors de l'arrêt. Il faut alors éviter de recourir à des méthodes non éprouvées qui risquent, en cas d'échec, d'entraîner un découragement. Une aide médicale est nécessaire, prenant en compte l'ensemble des dépendances comportementale, psychologique et physique, ainsi que les problèmes médicaux spécifiques, tels le poids, l'état vasculaire et surtout l'état mental. Les traitements de substitution nicotinique (T.S.N.) sont indispensables s'il existe une dépendance physique, à l'origine des principales difficultés dans les jours et semaines suivant l'arrêt : sensation de besoin, pensée obsédante de la cigarette, nervosité, troubles du caractère. Les psychotropes, en particulier les nouveaux antidépresseurs, sont indispensables en association avec le T.S.N., chaque fois qu'il existe un état anxiodépressif. Certains antidépresseurs, tel le « bupropion », ont une action spécifique sur le besoin de fumer, indépendamment de tout état dépressif. Les thérapies comportementales et cognitives, avec un suivi et un accompagnement prolongé, peuvent également être utiles.

LA PRÉVENTION DES RECHUTES

Une fois l'arrêt obtenu, un pas important a été franchi, mais les rechutes sont relativement fréquentes. L'envie de fumer peut resurgir dans de nombreuses circonstances et être liée à plusieurs causes : le besoin physique, témoin du manque de nicotine, qui s'atténue progressivement au fil des semaines et des mois ; les facteurs psychologiques liés au souvenir des propriétés psychoactives de la nicotine. Ces derniers peuvent intervenir pendant et surtout après la fin du traitement de substitution nicotinique. Il faut les analyser au cas par cas ; un suivi sur plusieurs mois est toujours indispensable pour assurer un arrêt prolongé. Dans certains cas, il existe des états anxiodépressifs, qui sont alors un facteur de rechute. Ils doivent donc être dépistés et traités.

L'environnement

L'environnement est sans doute l'élément le plus difficile à contrôler. Pendant très longtemps, surtout dans les premiers mois qui suivent l'arrêt, l'ex-fumeur sera très sensible à tout ce qui peut lui rappeler la cigarette et en particulier à la présence de fumeurs. Dans un couple ou une famille, il est essentiel que tous les fumeurs cessent simultanément ou, tout au moins, ne fument pas en présence de celui qui est en cours de sevrage. Il faut aussi tenir compte de l'environnement professionnel et occasionnel (réunions amicales ou familiales). L'envie de fumer peut réapparaître des mois, voire des années après l'arrêt. Et une seule cigarette peut relancer le processus de dépendance.
Chaque fois que des difficultés surgissent, les anciens fumeurs peuvent faire appel à une aide médicale appropriée et spécifique, auprès de leur médecin généraliste ou, pour les cas plus difficiles, auprès d'un tabacologue, médecin spécialiste du tabagisme.

 

LES TYPES DE FUMEURS

Les fumeurs consommant moins de 5 cigarettes par jour ont une dépendance comportementale, souvent liée à la pression sociale et à l'environnement. Ils peuvent arrêter seuls et facilement dès qu'ils sont décidés. Les fumeurs consommant entre 5 et 20 cigarettes par jour, parfois plus, ont une dépendance comportementale et psychologique liée aux propriétés psychoactives de la nicotine. Les fumeurs consommant plus de 20 cigarettes par jour ont en plus une dépendance physique. Ils ont de grandes difficultés pour cesser de fumer. Tout arrêt est suivi d'une sensation de manque, avec nervosité et irritabilité, expliquant les échecs à court terme. L'association à d'autres conduites addictives comme l'alcool, le cannabis, est fréquente ; il s'y ajoute dans près de 50% des cas la coexistence d'états anxiodépressifs.

TRAITEMENT

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